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  • : Baroudeur confirmé, j'ai en particulier sillonné l'Europe de l'Est et l'Inde ces dernières années. Je viens de rentrer en France après un séjour de 8 mois en Russie. Par le biais de l'écriture je cherche à faire profiter de mes expériences de terrain et espère susciter chez le lecteur l'envie de découvrir les territoires où je me suis rendu. Je livre ici mes réflexions sur les sociétés que je rencontre avec franchise, humour et une touche d'acidité... Car qui aime châtie bien !
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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 00:41

Pas de doutes, les beaux jours reviennent. Depuis quelques semaines la neige a disparu de mon quotidien.

 

Le soir venu, les jeunes gens traînassent dans les rues, boivent et chantent devant les épiceries où l’on peut se fournir « non-stop » en bibine. Les femmes, à défaut de raccourcir leurs jupes (qu’elles portent rarement sous le genou indépendamment des saisons) portent en haut une couche ou deux de moins.

 

Je pourrais ajouter que les oiseaux gazouillent, que les fleurs éclosent et qu’on trouve ici en plein mois de mai tout ce qui annonce l’arrivée du printemps sous des latitudes françaises. Cependant je doute que mes quelques lecteurs s’intéressent à ces considérations bucoliques, d’autant qu’ils savent mon manque de goût pour les questions relatives au temps qu’il fait.

 

Si vous lisez ces quelques lignes, c’est que vous êtes avides d’acidité et las des élucubrations doucereuses que profèrent immodérément les chantres de l’absolue tolérance... du moins je l’espère. Je revendique pour ma part le droit à l’intolérance dans la mesure où celle-ci n’est pas le résultat de l’inculture, mais au contraire celui d’une profonde et docte réflexion.

 

S’il est un domaine où mon intolerance est notoire, c’est bien celui de la religion. Vous allez dire que je m’acharne, mais ces braves curetons et leurs valets s’agitent un peu trop autour de moi – et pas que de moi hélas - ces derniers temps pour que je les laisse en paix. Je crois que mon logement est situé en « zone de conversion prioritaire » parce que rares sont les semaines où je ne reçois ni la visite ni le coup de téléphone d’une saloperie de prêcheur.

 

Cela a commencé courant avril alors que je travaillais sur un projet de reportage au Sri Lanka. Le téléphone a sonné :

 

-          Bonjour monsieur, je suis Mlle *****ova et je désire vous parler de ... [mes connaissances du russe ne m’ont pas permis de comprendre la suite, d’autant que son discours de deux bonnes minutes etait récité à toute vitesse]

-          Euh... c’est-à-dire que mon russe n’est pas excellent, peut-être parlez-vous une langue étrangère ?

 

On passe en anglais.

 

-          Ah, je connais quelques mots d’anglais mais il serait peut-être préférable que quelqu’un d’autre vous rappelle.

-          Eventuellement, mais quel était l’objet de votre coup de fil ?

-          Nous voudrions vous parler de la bible.

-          Ce sera inutile alors.

-          Ah, vous n’étudiez pas la bible ?

-          Je l’étudie beaucoup au contraire, ainsi que le fonctionnement des clergés. Pour mieux les détruire.

-          Ah ? [incrédulité... puis bredouillage] A... alors au revoir monsieur.

-          Et bonne fin de journée !

 

Je sais, on ne peut pas dire que je me sois cassé le cul à développer un argumentaire finaud. Mais d’une on était en matinée et de deux elle n’avait pas l’air de jacter souvent dans la langue de Mr Bean, ce qui en conséquence risquait fort de l’empêcher de goûter tout le sel de mes remarques sur la transsubstantiation et la béatification des Romanov. Je me suis dit qu’en faisant simple et bourrin, je serai tranquille... mais je n’avais pas réalisé que le marché local était particulièrement concurrentiel.

 

Quelques jours plus tard c’est à ma porte qu’on sonne :

 

-          Je suis de l’Eglise de Jesus et souhaiterais vous parler du Sauveur.

-          Non seulement vous n’allez pas m’en parler, mais vous allez dégager de mon immeuble en vitesse, avant de prendre mon pied au cul.

 

La semaine suivante c’est à l’interphone et la discussion se termine par : « Run ! Run ! I’m coming ! »

 

Les entités religieuses sont voraces et elles se nourrissent de la misère humaine. Elles chassent avec une ardeur redoublée en temps de crise, lorsque les proies affaiblies, blessées, sont légion... et ce pays est un immense champ de bataille. En tout cas, pas moins de cinq boites differentes ont tenté de me fourguer leur passeport pour le paradis sous réserve d’un petit versement... et j’en ai certainement raté.

 

Cette fois c’est sûr, le printemps est arrivé. Annoncé sinon par le vol des hirondelles, au moins par celui des colporteurs.

 

 


 

Par Tonton Xan - Publié dans : Bons baisers de Russie - Communauté : Carnets-de-voyages
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Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 13:48

Prenons un moment pour offrir aux contemplatifs quelques clichés de ma cité d’accueil, couverte de son blanc manteau. J’espère d’ailleurs que nul ne nourrit rancoeur contre le flocon, même si j’ai cru comprendre que la chute de quelques-uns ont failli mener notre bon pays à la guerre civile...

 

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Ici la Neva à la mi-decembre.


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Même thème.

 

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Un navire pris dans les glaces

 

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Les canaux de la ville, gelés eux aussi

 

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Enfin un homme, qui émergeant de quelque sommeil aviné se demande s'il a fait le bon choix en se garant ici la veille

 

Par Tonton Xan - Publié dans : Bons baisers de Russie - Communauté : Carnets-de-voyages
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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 11:16

Voilà tout de même un pays merveilleux, dont tous les aspects de la vie quotidienne montrent qu’il est coincé quelque part entre le tiers-monde – ou pays les moins avancés, pour conserver un semblant de politiquement correct - et les nations developpées.

 

Prenons, tiens... au hasard... la gamelle ! Un sujet dont vous savez qu’il n’en finira jamais de me passionner. Les Russes ont une façon toute singulière de traiter les produits alimentaires, que ce soit au marché ou dans les magasins d'ailleurs. Il arrive souvent que la viande, par exemple, soit directement posée sur les rayonnages de votre detaillant préféré et passe plusieurs jours à l’air libre, soumise aux corruptions diverses infligées par la foule grouillante. Au marché, les morceaux de bidoche pendent lamentablement sur des crochets malpropres et sont convoités par tous les insectes volants de la création. Tout cela pourrait choquer un occidental si celui-ci – comme c’est le cas pour votre serviteur – n’etait pas coutumier des pratiques étranges opérées par les boucheries asiatiques et/ou africaines.

 

Ce qui en revanche me défrise la moustache c’est qu’une fois selectionné par un client, ledit produit se retrouve l’objet des attentions diverses du marchand, attentions dont nous savons qu’il a cruellement manqué jusque là. Le voilà emballé une fois, ré-emballé par la caissière, avant de finir dans le sac plastique qui servira à son transport. Passe encore pour la chair animale dont on pourrait espérer qu’elle ait encore quelque jus en son sein et dont on souhaite ne pas priver le consommateur, mais alors que dire des patates ou des oignons qui sont dejà constitués en filets et qui ne nécessitent pas franchement deux couches supplémentaires d’emballage. Le plus tordant c’est que les produits sous vide, bien protegés dans leur films plastiques (fromage, charcuterie, etc.) bénéficient du même traitement et qu’au final notre bonne et souriante caissière passe plus de temps à emballer qu’à passer les achats devant son scanner. Bien sûr ces emballages supplémentaires sont gratuits mais les sacs plastiques utiles – ceux qui servent à ramener le matériel à la maison – est quant à lui payant. Cela explique que je tombe de temps à autres sur des produits en putréfaction dans ma cuisine, oubliés au milieu des sacs poubelle et toujours entourés de quatre ou cinq couches protectrices.

 

Je trouve par ailleurs intéressant d’étudier la manière dont les Russes se servent du frigo’ et du congélateur, constituant désormais des pièces d’electroménager courantes. Si ces derniers sont bien présents dans les cuisines, vous serez frappés par le fait que l’essentiel des denrées alimentaires soit tout de même laissé à l’exterieur, ce qui est particulièrement scandaleux dans le cas des bières (je pensais jusque là que seuls les anglais consommaient de la bière tiède avec plaisir!) . Je me suis aussi longtemps demandé pourquoi ma femme tenait tant à extraire le miel de son contenant d’origine pour le mettre dans un petit bol, laissé à l’exterieur pendant des plombes afin de recueillir des semaines durant les poils de chats, la poussière, les déjections de mouches et autres exhausteurs de goût. Me voilà maintenant certain qu’il s’agit d’un élément de culture slave que je n’avais pas identifié. De même je puis sans hésitation affirmer que la notion de « rupture de la chaîne du froid » est ici particulièrement exotique.

 

L’autre jour que j’allais au marché, je tombais sur un canard de belle stature dont j’espérais pouvoir faire un confit de qualité. Je l’achetais pour un prix raisonnable et rentrais en ma demeure, tout heureux de pouvoir m’adonner à la préparation d’une de mes viandes favorites. Quelle ne fût pas ma surprise en constatant que la bête était à moitié congelée – alors qu’elle était restée tranquillement posée sur l’étal du marchand toute la journée – et qu’à voir le tête des tissus quelques heures après, je puis aisément supposer qu’elle n’en était pas à son premier coup de froid. De manière générale, on congèle, on recongèle, même les abats et autres aliments sensibles aussi bien dans les demeures que chez le spécialiste sans avoir à l’esprit que l’on commet là un crime suprême, préjudiciable à la santé des clients ainsi qu’au goût des aliments, ce qui est encore plus grave.

 

Il est près de midi en France, aussi je vous souhaite bon appétit et file de mon côté à la préparation d’une sauce napolitaine...

Par Tonton Xan - Publié dans : Bons baisers de Russie - Communauté : Carnets-de-voyages
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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 13:57

Mes prochains articles seront aussi mordants qu’un octogénaire édenté puisque je compte simplement vous faire profiter de quelques photographies de la ville, prises de ma fenêtre ou lors de sorties diverses. Vous constaterez ainsi avec, je le pense, beaucoup de déplaisir mon manque complet de talent lorsqu’il s’agit d’user d'un appareil photo. Mais après tout  vous l'avez bien cherché.

 

En premier lieu voici une série de photographies d'immeubles de ma rue à St Petersbourg, où les stalactites ont atteint des tailles impressionnantes. Un de mes petits plaisirs ces dernières semaines était, une fois levé matin d'aller en constater la croissance. C'était aussi l'occasion d'observer le voisin d'en face partagé entre l'envie de détruire ce rideau glacé qui lui cache le jour et celle de voir jusqu'où celui-ci pourrait encore descendre. Invariablement  -et pour ma plus grande joie - la curiosité l'emportait, le bon garçon refermait sa fenêtre et allumait la lumière, non sans avoir d'abord soufflé lourdement.

 

Stalag gros

 

Malheureusement, rien n'est plus éphémère que la beauté naturelle. Les considérations pratiques des hommes eurent tôt fait de condamner  à la peine capitale ces merveilles gelées, jugées détentrices d'un potentiel destructeur qui ne saurait être plus longtemps ignoré.

 

Assassins de stalag'

 

Les employés municipaux grimés en Arsène Lupin furent envoyés pour commettre l'irréparable. Ils frappèrent, piquèrent, piochèrent avec force jurons et eurent tôt fait de rendre aux buildings leur aspect coutumier. Les badauds n'ont plus à craindre la chute des javelots gelés, cette année encore ils seront épargnés. Mais pour mon voisin et moi, c'est jour de deuil.

 

Jour de deuil

Par Tonton Xan - Publié dans : Bons baisers de Russie - Communauté : Carnets-de-voyages
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Samedi 4 décembre 2010 6 04 /12 /Déc /2010 02:40

Cela fait maintenant plusieurs années que je fais parti de la communauté des Couch Surfers. Le concept a tout pour me plaire puisqu’il s’agit de proposer gratuitement un couchage aux gens de passage et de bénéficier de ce service lorsqu’on est soi-même en voyage. Je souhaite aujourd’hui vous faire partager ce que je considère être un très bon plan.

 

Ce mode d’hébergement présente plusieurs avantages majeurs. Le plus évident est bien entendu d’éviter de dilapider son maigre budget voyage en coûteuses chambres d’hôtel et de pouvoir ainsi profiter d’un excédent pour s’offrir quelques plaisirs en rab.

 

Le second, non moins intéressant, est lorsqu’on est soi-même voyageur d’entrer directement dans l’intimité des populations auxquelles on rend visite (avec leur consentement entier) et ainsi apprécier un aspect de leur culture, par le biais de l’observation et la participation au mode de vie domestique, que bien peu de touristes peuvent seulement entrevoir. L’hôte est quant à lui recompensé par une bonne tranche d’exotisme livrée à domicile et s’évadera par l’esprit, en attendant de pouvoir fouler quelque terre lointaine à son tour.

 

Enfin ces rencontres donnent parfois lieu à de belles et franches amitiés, autrement bien difficiles à nouer lors de séjours courts et cela particulièrement à l’etranger.

 

J’ai pour ma part profité à quelques reprises de l’hospitalité des membres de ladite communauté et fus l’objet de tant d’attentions que je recommande vivement aux gens de bonne compagnie d’en faire l’expérience à leur tour. Afin d’illustrer ce propos, je donnerai l’exemple des bons soins qui me furent prodigués aux Etats-Unis lors d’une escapade remontant maintenant à 3 ou 4 années.

 

Je devais alors me rendre à Las Vegas et y séjourner environ un mois. Les deux premières semaines furent éprouvantes, firent grand mal à ma bourse et ne me permirent guère de sympathiser avec les autochtones. Il y eut bien quelques satisfactions aux tables de jeu, mais mes gains filaient invariablement dans la poche des hôteliers avant que je puisse m’en servir à de plus agréables fins. J’étais piéton dans un monde de conducteurs. Je parlais anglais au lieu de m’exprimer en étatsunien du Nevada. Deprimé, j’attendais la date du retour avec de plus en plus d’impatience.

 

Puis il y eut un e-mail d’une certaine Parris qui m’offrait un bout de canapé un peu loin du centre, dans un de ces lotissements grillagés, gardés, videosurveillés, où toutes les maisons se ressemblent et où l’arrivée d’un étranger frisé, chevelu et barbu est vue d’un assez mauvais oeil. J’avais contacté la jeune fille en question quelques semaines plus tôt et ne pensais pas recevoir de réponse si longtemps après le début de mon voyage.

 

D’abord inquiet de la manifeste hostilité du voisinage, de la batte de base-ball derriere la porte, de celle à côté du lit et des photos de famille encadrées un peu partout dans la maison, je fus en fin de compte très agréablement surpris par la personnalité de mon hôtesse. Bien que parfaitement américaine du point de vue de l’ascendance et du mode de vie, j’ai découvert une personne charmante, ouverte au monde, interessée par ce qui existe hors des frontières de sa patrie (chose hélas trop rare dans les grands pays) , libérale dans ses moeurs et point trop lorsqu’il est question d’économie. Une véritable perle.

 

Non contente de m’offir une couche confortable et une compagnie appréciable, elle prit le parti de me sortir chaque soir et de me faire découvrir les trésors cachés de la ville : restaurants délicieux et économiques, casinos de quartier (où je réalisais mes plus beaux succès aux cartes) et autres lieux de contemplation ou de détente. J’ai profité en quelques jours de l’expérience de quelqu’un qui connaît les lieux depuis plusieurs décennies et qui s’est fait un plaisir de partager.

 

Avec cela, je certifie qu’aucun guide de voyage ne peut véritablement rivaliser.


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Par Tonton Xan - Publié dans : Bons plans - Communauté : Carnets-de-voyages
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